distillerie du sonneur sarthe
06 juin. 2019

La Distillerie du Sonneur a ouvert ses portes le 11 juin dernier au public, pour faire découvrir aux Manceaux et aux touristes, l’art de la fabrication de liqueurs et autres eaux de vie.

Emmanuel Viton vit sa passion à fond. Depuis de nombreuses années, ce parisien d’origine, construit son retour à la terre. Après avoir tour à tour ouvert la Guinguette des Tanneries et l’Épicerie du Pré, il réalise son rêve : ouvrir une distillerie en utilisant son propre verger pour créer des liqueurs et eaux de vie haut de gamme.

La Distillerie du sonneur c’est donc à la fois une boutique de liqueurs (de la production de d’Emmanuel Viton et d’autres distilleries haut de gamme), un espace de dégustation, un espace de préparation des fruits, un alambic et un espace événementiel pouvant accueillir jusqu’à 100 personnes dans une configuration concert.

Emmanuel Viton ouvre donc l’ensemble aux visiteurs, en visite libre pour la partie boutique et dégustation au verre, en visite accompagnée sur réservation pour l’alambic et l’espace de préparation des fruits.

Sarthe Tourisme a rencontré cet entrepreneur engagé.

Pourquoi ouvrir une distillerie ?
Bien que parisien, j’ai de la famille originaire de Lorraine, de Bretagne et j’ai toujours beaucoup fantasmé sur la ruralité. Mon grand-père qui était lorrain, me racontait des histoires d’alambic (Il avait un alambic qui a été démoli pendant la guerre). Pour lui, la Mirabelle de Lorraine c’était une institution. De temps en temps, il sortait une bouteille et il expliquait comment ça se faisait. C’était un peu magique. Pour moi la ruralité passait donc par l’eau de vie.

La transition vers l’agriculture s’est faite progressivement. Pendant les dernières années à l’Épicerie du Pré, j’ai acheté une ancienne exploitation maraîchère bio à Ségrie. Pendant deux ans, j’ai prêté les serres et le matériel à un maraîcher qui me rémunérait en légumes pour l’Épicerie du Pré.

J’ai ensuite décidé de quitter l’épicerie pour être paysan à plein temps parce que je me suis dit qu’il était temps de réaliser mon rêve. Par contre, paysan à ma sauce, en utilisant mes compétences et mon réseau. Un paysan avec de la transformation et de la vente parce que j’aime raconter mes histoires et rencontrer les gens. Je voulais distiller et vendre en direct les produits de mon exploitation devenue un verger.

La Distillerie du Sonneur voit alors le jour. Quel est votre concept ?
C’est un peu le prolongement de l’Épicerie du Pré où j’ai beaucoup aimé mettre en lumière les produits de terroir de la Sarthe. Quand j’ai décidé d’ouvrir l’Épicerie du Pré, la première question que l’on m’a posée c’est « Tu veux faire un bar latino ou un pub irlandais ? » je leur répondais « Je veux monter un bar sarthois ! » J’ai envie de raconter les produits locaux. Par exemple, la poire de giroufle. Ce type de poire sert à faire la poire tapée, qu’on dessèche traditionnellement. J’avais envie de mettre en avant ce parfum-là, raconter ce terroir. Des variétés oubliées. Nous avons des produits sous le nez mais nous ne les regardons pas.

Outre la poire, qu’allez-vous distiller ?
Nous démarrons la production sur du gin, de la vodka et de l’eau de vie de framboise.

Nous allons également faire des essais. Distiller les marcs de Jasnières ou de Pinot d’Aunis, par exemple. Nous pouvons également distiller du foin, du poivre du Sichuan et pourquoi pas des rillettes ! À terme, j’aimerais faire vieillir certains alcools dans des tonneaux en bois de chêne de Bercé.

L’eau de vie souffre d’une mauvaise image. Comment comptez-vous convaincre ?
Avec l’eau de vie, on est obligé de passer par un aspect pédagogique pour casser le mythe « Les bronzés font du ski ». Les visites guidées et la dégustation vont permettre de casser cela. Nous commencerons la visite par l’espace de préparation des fruits, le choix des variétés, comment nous les ramassons. Il faut que le fruit soit de bonne qualité et le plus mûr possible. Ensuite, nous expliquons l’alambic. Ce n’est pas n’importe quel alambic, c’est un Arnold Holstein. Cet outil, qui limite les impuretés indésirables, permet de faire des eaux de vie haut de gamme. Au final cela donne un produit au goût net et très fin.

Pourquoi l’avoir appelé la Distillerie du Sonneur ?
À Ségrie, où nous sommes installés,  il existe un programme de sauvegarde du crapaud sonneur à ventre jaune. Les responsables du programme ont recreusé des mares pour qu’ils puissent y vivre et se reproduire. Cela correspond à ce que j’avais envie de faire sur mes terres. Je cultive en agriculture biologique et en agroforesterie. Ce sont des vergers hautes tiges. Entre les arbres nous cultivons les framboises, les plantes aromatiques, les cassis… et nous replantons les haies. Les vergers sont enherbés et nous gérons la fauche de façon à pouvoir redynamiser l’écosystème. Ce petit crapaud c’est un peu le symbole de cette biodiversité. Comme le crapaud qui se transforme en prince charmant, j’espère que mes fruits vont se transformer en bons spiritueux !

 

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