aurélie gypteau cheval
29 mar. 2020

Le tourisme est l'un des secteurs les plus touchés par la crise du Covid 19.

Sarthe Tourisme donne la parole aux professionnels du secteur pour qu'ils nous racontent ce qu'ils vivent quotidiennement, leurs besoins, leurs doutes mais aussi leurs espoirs et parfois leurs solutions.

Aurélie Gypteau a ouvert en 2013 le centre équestre de loisirs Aurel'Horse à Courcemont. Elle est monitrice et propose balade, randonnée et stage équestre accessibles à tous les niveaux.

 

Quels sont les impacts du confinement sur votre activité ?

Je perds les vacances d'avril avec des stages annulés. Je vais perdre une partie de mes activités de randonnée. Dimanche dernier, 7 ou 8 cavaliers devaient venir pour faire la première randonnée de l'année. Je vais toutefois pouvoir la reporter en gardant les acomptes, mais c’est un créneau en moins sur le calendrier. C'est un manque à gagner pour une dizaine de mes partenaires. Entre les gîtes, les restaurants, les traiteurs...

Je vis sur ma trésorerie depuis le mois de septembre. Le mois d'avril me redonne habituellement un coup de boost pour aller jusqu'aux grandes vacances. Je ne l'aurai pas cette année.

 

Cela a un impact aussi auprès des professionnels du secteur équestre ?

L'ensemble des professionnels, maréchal-ferrant, ostéopathe, dentiste équin, n'ont plus le droit de venir. Les vétérinaires non plus, sauf cas d'extrême urgence. L'alimentation, elle, continue à m'être livrée. Les transporteurs, équipés de gants, ont aménagé leur camion pour me livrer les sacs le plus proprement possible.

 

Quelles mesures avez-vous prises ?

J'ai commencé par contacter ma comptable et ma banque pour savoir ce que nous pouvions mettre en place pour alléger un petit peu ce début de crise. Nous avons suspendu les traites des emprunts et les mesures gouvernementales permettent les reports des charges sociales, de TVA ... Nous ne sortirons pas d'argent pendant la crise mais à la fin il faudra tout de même payer.

J'étais intéressée par la mesure du gouvernement permettant aux indépendants une aide de 1 500 euros. Mais il faut justifier une perte de chiffre d'affaires de 70 % (50 % aujourd'hui ndlr) par rapport à celui de l'année précédente au même moment. C'est plus ou moins facile à calculer en fonction de l'activité. De mon côté, je reçois les encaissements de mes forfaits annuels (forfaits de cours d'équitation) entre septembre et juin.

Mon employé était en arrêt de travail avant la crise et y est restée. Avec ses problèmes d'asthme, nous préférions ne pas prendre de risque inutile.

 

Comment envisagez-vous les jours à venir ?

Je ne suis pas encore trop inquiète. J'ai une petite structure, je pense que je peux m'en sortir. Comme je mise beaucoup sur le loisir, sur la randonnée... je pense que les touristes reviendront en juillet ou en août pour profiter d'une balade à cheval.
Par contre, pour les centres tournés essentiellement vers les concours et qui vendent de la compétition, ça risque d'être très compliqué.

 

Êtes-vous soutenus ?

Nous sommes bien suivis et bien aidés. Le comité départemental d'équitation a mis en place une cellule pour écouter un peu tout le monde et savoir ce qu'il en est de la situation. La Fédération Française d'Équitation et le comité régional sont mobilisés et nous informent régulièrement sur les différentes aides et démarches mises en place.

 

À quoi se résume votre activité aujourd'hui ?

Je m'occupe des chevaux, des soins, de les nourrir et de les faire travailler. Ce qui change par contre, c'est de ne pas bosser les mercredis et les weekends.
J'ai averti les propriétaires qu'à partir du début du confinement, ils n'auraient plus le droit de venir au centre. Pour qu'ils ne s'inquiètent pas, je mets en ligne sur les réseaux sociaux des petites vidéos et des photos de leurs chevaux.
J'essaie de montrer le positif. Même si nous ne savons pas où nous allons, il faut être positifs dans la situation !

 

Comment envisagez-vous la sortie de crise ?

Je me pose des questions. C'est encore un peu flou d'imaginer l'après et comment les gens vont réagir. Que vont-ils faire en priorité ? Peut-être voient-ils qu'il y a des choses importantes qu'ils avaient un peu oubliées, autour de la famille. .. Vont-ils reprendre leur vie d'avant ou profiter encore plus des loisirs ? Peut-être se rendront-ils compte qu'il est important de faire vivre le local ?  Je ne sais pas où tout cela va nous mener mais de mon côté, je vais continuer à défendre mon idée d'équitation de loisir accessible à tous !